Le WaxBuyersClub accueille un nouveau rédacteur en la personne d’Alex, le label manager de Croque Macadam et Requiem pour Un Twister. C’est un passionné de musique qui possède une collection de disques absolument incroyable. Il nous a ouvert ses bacs de 45 tours pour en sélectionner 10 vinyles fantastiques que vous trouverez assez facilement dans les vides-greniers ou sur le net. Vous pouvez écouter quelques uns de ses mix sur son SoundCloud, le lire dans Section 26 et aussi le retrouver chaque mois dans l’émission Requiem Pour Un Twister Radio Campus Paris.
Le disque vinyle 45 tours n’est peut être pas le support le plus recherché, sur les brocantes, tous les dimanches, dès les beaux jours arrivés. Il réserve cependant plus de surprise que le 33 tours. Le simple a en effet toujours été le support préféré des adolescents et jeunes adultes. Il reflète donc leurs goûts mais a aussi permis à des artistes d’exister le temps d’un seul morceau. Constitué de deux ou quatre morceaux (pour les Extended Play des années 60), le format condense un certain art de la concision voir de l’opposition. Il n’est en effet par rare de voir des faces B très différentes des tubes de l’autre coté, cette liste en est d’ailleurs une preuve manifeste. Cela rend ce support particulièrement intéressant et attachant à mes yeux et je vous propose donc d’en découvrir quelques uns que vous trouverez facilement tous les dimanches dans les bacs bon marché de France et Navarre.
OK Chicago est la bande originale d’un téléfilm français. Le morceau, écrit par Pierre Bachelet et Mat Camison, nous plonge dans une scène frénétique de course poursuite quelque part dans Harlem. Rythmique frénétique, guitare wah-wah, clavinet, tous concourent à créer un petit classique funky 70s français ! Yellow Train en face B est peut-être légèrement moins accrocheur mais n’en constitue pas moins une rafraîchissante curiosité discoïde.
The Majority One est un groupe britannique actif dans les années soixante. Ils n’obtiennent qu’un succès modéré dans leur pays d’origine ce qui les poussent à changer de nom (ajout du « one ») et tenter leur chance sur le continent. Si l’album fonctionne modestement, le single « Because I love you » connaît les cimes de plusieurs charts européens, notamment en France. Il s’agit d’un slow typique de l’époque (fin des années soixante), un peu mièvre et générique. La face B est la bombinette du 45 tours : une charge fuzz psychédélique d’une violence étonnante que nous qualifierons volontiers de « freakbeat » . Les adolescents de l’époque devaient devenir fous en changeant de face ce disque vinyle 45 tours. Pour ne rien gâcher, le disque est disponible dans la fameuse collection « Antar » ce qui le rend aisé à trouver !
Changement d’ambiance et d’époque. Kazino est l’auteur d’un petit classique italo-disco « Around My Dream », une reprise honorable du classique de Silver Pozzoli. La cover fonctionna mieux que l’original et se vendit par palette en France… Peut-être grâce à l’amusant clip ? Comme souvent (dans cette liste en tout cas), la face B, « Binary », est la pépite du disque. Sur un tempo martial et répétitif de boîte à rythmes, une ligne de basse se repaît du chorus de New Order. Une guitare légèrement funky allège l’ambiance que cherche à tout prix à obturer une voix sombre et menaçante… Vous l’avez compris, avec « Binary » nous ne sommes pas là pour rigoler, néanmoins voilà un sacré morceau à débusquer sur une innocente face B…
Michel Polnareff est incontestablement un des maîtres de la pop française des années soixante et soixante dix. Il a enregistré des douzaines de classiques dont « Holidays ». Il serait cependant dommage de rester à la surface du blondinet excentrique, il y a tant à creuser chez le français. Vous pouvez ainsi commencer par « La Mouche » une superbe face B (que je préfère à la A personnellement), groovy et psychédélique. Sur un texte fort réussi, Graham Preskett construit un très bel arrangement de cuivres et cordes, ces dernières imitant le bruit de l’insecte !
La redécouverte de Vassiliu est en marche, remercions en Guido Cesarsky et Born Bad Records d’avoir compilé l’excellente Face B. La production des années soixante dix, du chanteur moustachu, bien qu’ancrée dans la variété, comporte de nombreuses chansons intéressantes, aussi bien au niveau des textes que des arrangements. Si le style est parfois difficile à définir, Vassiliu verse parfois dans un folk californien proche de Crosby Stills & Nash (« Marie en Provence » ou « En Avant les Petits Enfants »). Ce n’est bien sûr pas le cas de « Qui c’est celui-là », sa chanson la plus connue, une reprise d’un classique brésilien avec des paroles rigolotes à classer quelque part entre Marcel Zanini et Nino Ferrer. Encore une fois, il faut retourner le disque pour découvrir « film » : cinq minutes planante et répétitive de variété autour un texte fantastique. La chose est difficile à décrire, le mieux est encore de l’écouter.
Les Sunlights eurent certainement plus de succès avec des titres variété comme « Les Roses Blanches » ou « Quand on est Musiciens » mais les membres du groupe, originaire de Roubaix, cachent un passé de rockeurs purs et durs. Leurs débuts dans le rock instrumental typique de l’époque (Shadows, Spotnicks etc.) sont honorables et les Sunlights excellèrent régulièrement dans le British Beat avec des réussites comme « Gadget Suspect » « I Need You » ou « Avant le Jazz ». Ce 45 tours de 4 titres comporte ainsi deux chansons tirant sur la variété (dont une reprise de Boris Vian) et deux petites perles garage : le midtempo « Plus d’Amis » et la chevauchée énergique « C’est fini », un petit classique du rock français sixties.
Qu’ont en commun Marvin Gaye et Patrick Hernandez ? Ils ont tous les deux enregistré aux studios Katy de Marc Aryan. Je vous recommande d’ailleurs de vous renseigner sur le périple du chanteur ex-boxeur à Ostende, une histoire passionnante qui éclaire à la fois sur la carrière de Marvin Gaye et sur l’amour de la musique soul en Belgique. Pour en revenir à Marc Ayran, ce chanteur d’origine arménienne monte son propre label (« Markal ») après avoir essuyé de nombreux refus de maisons de disques… Bien lui en a pris, il obtient quelques succès énormes dans les années soixante qui lui permettent de monter son propre studio d’enregistrement (portant le nom d’une de ses chansons les plus connues). Si sa voix est particulière et peut ne pas plaire, « Liberté » (encore une face B…) est un super morceau légèrement funky à la jonction entre « venus » de Shocking Blue et « superstition » de Stevie Wonder. Peut-être pas le disque le plus courant de la liste mais il méritait d’être mentionné !
Comme nombre des disques vinyles 45 tours de cet article, « Je Pleure sur Un Air de Bach » figure dans la fameuse collection « Antar » . Histoire d’être encore original, la face A est un slow typique de la fin des années soixante avec une influence classique, une récurrence de l’époque (« A Whiter Shade of Pale » ou « Rain and Tears » etc.). Bien sûr, cette balade est quelque peu mièvre et il faut à nouveau tourner le 45 tours pour découvrir l’excellente « La terre brûlée » , démonstration de force hard rock avec une fuzz à se damner. Les autres 45 tours du groupe ont aussi leur charme et je recommande ainsi de jeter une oreille à l’excellente « donne moi ton cœur et ta fleur ».
J’imagine que « Magic Fly » est particulièrement connu mais je ne pouvais résister au plaisir d’intégrer mon morceau préféré de Space, un classique Cosmic Disco français. Si vous vous demandiez comment sonnerait un mélange entre Moroder et Jean-Michel Jarre, « Magic Fly » en apporte la réponse. La piste de danse n’a jamais été aussi proche des étoiles. Ce morceau est un parfait équilibre entre cool et cheesy, il accroche facilement l’oreille et retient les sens grâce à une production plus élégante qu’il n’y paraît…Le clip vaut le détour également !
L’Histoire et la musique pop se croisent souvent. Aphrodite’s Child, groupe d’origine grecque, tente de rejoindre en 1968 Londres dont le climat serait plus propice à leur musique que la dictature des colonels en place dans leur pays depuis 1967. La vie en décide autrement : Mai 68 et des problèmes de permis de travail bloque la formation de Demis Roussos et Vangelis à Paris. Le groupe y connaît une très belle carrière enchaînant simples à grand succès et albums plus ambitieux. Parmi les meilleurs moments de la formation en 45 révolutions, misons sur « Let me love let me live ». D’une rythmique belliqueuse, les Grecques cultivent les volutes psychédéliques. L’absence de guitare est largement compensé par un fameux orgue saturé délivrant une prestation des plus grisantes. La face B ne présente pour une fois pas d’intérêt majeur !
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[…] précieuses – ou non (j’adore les disques bon marché et je suis ravi de pouvoir encore en trouver des biens) – galettes vinyles. J’ai bien sûr mes petites habitudes, et je suis souvent le même […]